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Surnommée « l'asthme à aspirine », la maladie de Widal entraîne des symptômes parfois très sévères après la prise de ce médicament.

Découvrons les symptômes qui lui sont associés, les moyens de la diagnostiquer et la façon de la traiter.

Maladie de Widal : définition

La maladie de Widal touche environ une personne asthmatique sur dix, elle survient le plus souvent entre 40 et 50 ans et affecte plus fréquemment les femmes que les hommes.

Un ensemble de symptômes, principalement respiratoires, se manifestent après la prise d'aspirine ou d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Elle doit son nom au médecin qui l'a décrit pour la première fois, Ferdinand Widal, en 1922.

La maladie de Widal se traduit par différents signes :

  • des difficultés à respirer, de la toux ;
  • une inflammation de la muqueuse du nez (rhinite), un écoulement nasal, une sensation de nez bouché, des éternuements ;
  • l'apparition d'excroissances au niveau nasal appelées polypes ;
  • de l'urticaire : des plaques rouges qui démangent apparaissent sur la peau ;
  • au niveau des yeux, un larmoiement peut se manifester, ainsi que des rougeurs, voire un gonflement (œdème) ;
  • parfois des maux de ventre.

L'intensité et la nature des symptômes peut varier de façon importante d'une personne à l'autre.

Diagnostic de la maladie de Widal

Pour diagnostiquer cette maladie, le médecin va rechercher les trois signes typiques de la maladie (l'asthme, les polypes et l'intolérance aux AINS). Si tous les signes sont présents, il y a peu de doutes possibles.

Si ce n'est pas le cas, le médecin spécialiste peut recourir à un test de provocation :

  • Le patient reçoit des doses de plus en plus fortes d'aspirine par voie orale, puis son état est étroitement surveillé pendant plusieurs heures, au vu des risques encourus.
  • Un autre test est envisageable, le patient inhale dans ce cas l'aspirine, et les réactions potentielles sont moins sévères. Mais il n'est pas toujours concluant.

Maladie de Widal : quelle prise en charge ?

Pour éviter la survenue des crises, il est indispensable de ne pas être exposé à certains médicaments ou additifs :

  • Tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens. En cas de nécessité de suivre un traitement anti-inflammatoire, les médicaments de la famille des inhibiteurs sélectifs de la COX-2 doivent être privilégiés.
  • Il faut également être prudent avec le paracétamol, qui entraîne lui aussi des réactions chez certains patients souffrant de la maladie de Widal. Il convient alors de commencer par la prise de demi-dose.
  • Certains colorants (E102, E110, E111, E127 et  E211) et conservateurs (E 210 à 217, E230, E 280 à 282).

En cas de maladie de Widal, différentes approches complémentaires sont utilisées :

  • l'administration de corticoïdes ou d'anti-leucotriènes pour soulager les symptômes ;
  • l'ablation des polypes par voie chirurgicale ;
  • une ethmoïdectomie, pour aérer les sinus.