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L'asthme est la maladie chronique la plus fréquente chez l'enfant. Dans deux cas sur trois, l'asthme disparaît à l'âge adulte.

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L'asthme enfant : une maladie très fréquente

L'asthme est la maladie chronique infantile la plus fréquente, concernant environ 9 % des enfants en Europe. C'est simple : la moitié des nouveaux cas d'asthme surviennent chez les enfants de moins de 10 ans, et la crise d'asthme est même la première cause de consultation aux urgences dans les services de pédiatrie !

La diversité du microbiote intestinal à l’âge d’un an est apparue diminuée chez les enfants qui disposaient d’un diagnostic d’asthme à 5 ans par rapport à ceux qui n’en avaient pas. Selon une étude ayant porté sur 4,7 millions de personnes, ce serait l'exposition des enfants aux antibiotiques qui serait à incriminer.

Les garçons sont deux fois plus touchés que les filles, alors que cette inégalité s'estompe à l'adolescence et à l'âge adulte.

Symptômes de l'asthme chez l'enfant

Chez l'enfant, l'asthme se manifeste par un essoufflement et des difficultés respiratoires (dyspnée) « sifflantes ». Les signes surviennent surtout la nuit ou après un effort, et peuvent aussi s'accompagner d'une toux sèche.

Chez le bébé et le très jeune enfant, l'asthme peut être associé aux bronchiolites.

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Diagnostic de l'asthme chez l'enfant

Le diagnostic de l’asthme chez l’enfant peut être difficile et c'est pourquoi la Société Européenne des maladies respiratoires (ERS, European Respiratory Society) a élaboré en 2021 les premières recommandations diagnostiques spécifiques à la population pédiatrique.

Le texte insiste tout d’abord sur le fait que, même si l’asthme se manifeste cliniquement par un sifflement, une toux et des difficultés à respirer, cet argument clinique n'est pas suffisant pour poser le diagnostic. Une toux chronique présente depuis plus de 4 semaines doit motiver des investigations à la recherche d’un diagnostic différentiel qui respecte un algorithme spécifique proposé par l’ERS.

Spirométrie

Lorsqu’un asthme est suspecté, il est recommandé de réaliser une spirométrie à visée diagnostique.

Des valeurs de volume expiré maximal seconde (VEMS) ou un rapport VEMS/CVF (capacité vitale forcée) inférieures à la limite basse de la normale ou à 80 % de la valeur attendue plaident en faveur d’un asthme.

Test de réversibilité aux bronchodilatateurs

Le test de réversibilité aux bronchodilatateurs (400 µg de salbutamol) est recommandé si la spirométrie est anormale. Si le VEMS augmente au minimum de 12 %, le diagnostic est alors confirmé.

Toutefois, une valeur inférieure ne l’exclut pas pour autant.

Mesure de la fraction exhalée du NO

La mesure de la fraction exhalée du NO (FeNO) est un outil facile à utiliser par l’enfant, et l'ERS recommande sa réalisation dans le cadre du bilan diagnostique de l’asthme, sachant qu’une valeur minimale de 25 ppb doit être considérée comme un élément soutenant le diagnostic (même si une valeur inférieure ne l’exclut pas pour autant).

Tests de provocation bronchique indirecte

Les tests de provocation bronchique indirecte par exercice (tapis roulant, vélo) sont recommandés pour l’investigation d’enfants suspectés d’asthme et présentant des symptômes liés à l'exercice, lorsque le diagnostic n'a pas pu être confirmé par les tests de première intention.

Outils diagnostiques non recommandés

  • La variabilité du débit expiratoire de pointe (DEP) fait que cet outil n’est pas recommandé comme test de première intention. Il peut cependant être utile en complément des autres tests, et interprété sur la base de mesures multiples conduites au cours de 2 semaines consécutives. 
  • La recherche d’aéro-allergènes et le dosage des IgE totales ou spécifiques ne sont pas recommandés pour établir le diagnostic de l'asthme. 
  • Les tests de provocation directe par la méthacholine ne sont recommandés que si le diagnostic n'a pas pu être confirmé par les tests de première intention.

Importance d'un traitement adapté

L'asthme peut avoir des répercussions importantes sur la qualité de vie des enfants. S'il n'est pas bien traité, il peut les empêcher de jouer ou de courir comme les autres, d'aller à la piscine, de partir en colonie...

En outre, les camarades de classe peuvent facilement se moquer des enfants asthmatiques, comme de tous les autres enfants un peu différents.

Il est donc crucial de soigner votre enfant, de s'assurer qu'il prend bien son traitement et comprend son utilité, de sorte que les signes d'asthme disparaissent complètement, ou presque, et qu'il puisse mener une vie normale.

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L'EFR insiste sur la nécessité de prendre en considération les préférences du patient pour favoriser l’autogestion de sa pathologie. La prise en charge de l’asthme doit impérativement être centrée sur ce que ressent le patient, ses symptômes mais aussi prendre en compte ses priorités et son agenda. Les professionnels de santé doivent respecter ses choix et encourager la prise de décisions partagées (une autogestion régulièrement soutenue a démontré un bénéfice sur la qualité de vie et la réduction de l’accès aux soins).

Scolariser un enfant asthmatique : le PAI (projet d'accueil individualisé)

Si votre enfant souffre d'un asthme sévère, il peut quand même aller à l'école et suivre une scolarité normale.

Pour cela, l'Éducation nationale permet la mise en place d'un projet d'accueil individualisé (PAI, on dit aussi Projet d'intégration individuelle ou encore Plan d'accueil individualisé), qui est un protocole qui permet au personnel de l'école d'administrer les soins d'urgence à l'enfant s'il en a besoin.

Pour mettre en place un PAI, il faut consulter le médecin traitant de l'enfant, qui demandera le PAI à la direction de l'école et fournira le protocole d'urgence. Au besoin, le médecin scolaire assurera la formation du personnel de l'école.

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